Vous êtes à la recherche d’un livre pour vous occuper ? Vous aimez les intrigues bien ficelées, mais vous cherchez également des écrivains qui font preuve de grandes qualités d’écriture et qui ont joué un rôle fondateur dans leur domaine ? Dans ce cas, le classement du Bungeishunjū devrait vous intéresser.

Ce prestigieux magazine japonais fondé en 1923 par l’écrivain Hiroshi Kikuchi proposait en 2012 son classement des 100 meilleurs romans policiers de tous les temps. Faisant la part belle aux grands classiques du genre, c’est une excellent point de départ pour tous ceux qui aiment occuper leur temps libre à jouer les détectives.

 

1.  Dix petits nègres – Agatha Christie

Surtout connue pour avoir écrit les aventures d’Hercule Poirot et de Miss Marple, la romancière britannique signe avec Dix petits nègres un roman à part, en dehors de ces deux univers, qui est  unanimement considéré depuis sa parution en 1939 comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre  du genre policier.

Le titre provient de la comptine Ten Little Niggers, dont les paroles servent à rythmer les décès et rebondissements successifs.

Il fait aussi référence à l’île du Nègre, lieu où sont invités les dix protagonistes par un mystérieux Monsieur O’Nyme qui semble pourtant être absent.

Au moment de dîner, les convives sont accusés, par une voix échappée d’un endroit inconnu, d’être chacun responsable d’un meurtre resté impuni.

La puissance du texte réside aussi bien dans la découverte des crimes commis par chaque personnage, tandis que la mort pèse sur eux telle une épée de Damoclès, que dans un dénouement subtil et inattendu.

De nombreuses adaptations au cinéma, en bande-dessinée, en série télévisée et même en jeux-vidéo sont disponibles. Citons notamment le film de Peter Collinson où joue Charles Aznavour. Agatha Christie elle-même a écrit une pièce de théâtre dans laquelle la fin diffère du roman.

Pas étonnant de voir un thriller de Agatha Christie remporter le classement, même en 2019, et vous verrez que d’autres de ces romans sont également dans le top 100 !

 

2. La Tragédie d’Y – Ellery Queen

C’est en fait sous le pseudonyme de Barnaby Ross qu’est  d’abord publié le roman La Tragédie d’Y en 1932. Ellery Queen est aussi un pseudonyme, sous lequel se cachent les deux mêmes auteurs : les cousins Frederic Dannay et Manfred Lee.

L’œuvre fait partie d’une tétralogie comprenant également La Tragédie d’X, La Tragédie de Z et La Dernière Affaire de Drury Lane et mettant en scène le détective Drury Lane.

Ce dernier est un personnage plutôt atypique dans le genre du livre policier : contraint, en raison de soucis d’audition, d’abandonner une carrière de comédien qui a fortement marquée son caractère, il habite un château au bord de l’Hudson.

Après ce qui semble être le suicide par empoisonnement de York Hatter, chef d’une famille étrange, sur un ferry, son corps est finalement retrouvé, très amoché.

Deux tentatives d’assassinat, avec du poison, sont ensuite commises sur la personne de sa belle-fille sourde-muette et aveugle. L’une d’elle aboutit à la mort de la veuve, tuée par un violent coup de mandoline. Lane mène alors l’enquête.

L’intérêt de la lecture réside autant dans la famille Hatter, dont la folie constitue un sérieux obstacle à l’investigation, que dans le personnage du détective lui-même, qui n’est pas loin d’être aussi excentrique que ses suspects.

 

3. Les Aventures de Sherlock Holmes – Arthur Conan Doyle

Recueil de nouvelles paru en 1892 et contant les aventures du très célèbre détective, Les Aventures de Sherlock Holmes, publié après les romans Une étude en rouge et Le Signe des quatre, ayant le même protagoniste, permet au public de suivre le héros marginal au sens de déduction hors-norme dans une série de 12 histoires.

C’est l’occasion pour le lecteur de mieux connaître des personnages fondamentaux de ce qui peut être considéré comme une véritable mythologie holmésienne, dont le Dr. Watson ou Irène Adler, décrite ainsi dans la nouvelle Un Scandale en Bohême ouvrant le livre : « Pour Sherlock Holmes, elle est LA femme ».

Ces aventures représentent aussi une opportunité de lire un Doyle à la plume libérée, parfois rocambolesque, par exemple dans la nouvelle L’Escarboucle bleue dont un des éléments de l’intrigue se révèle être une oie bien grasse.

L’œuvre a participé à définir les codes qui sont encore ceux du roman policier aujourd’hui. Ce qui a incité de nombreux auteurs, cinéastes et producteurs à proposer des interprétations remises au goût du jour. Parmi les plus récentes, on compte la série télévisée Sherlock de la BBC qui a révélé l’acteur Benedict Cumberbatch.

 

4. Lady Fantôme – William Irish

Lady Fantôme est un roman construit comme un compte-à-rebours vers la date d’exécution sur la chaise électrique de son protagoniste, Scott Henderson. Celui-ci est accusé d’avoir étranglé son épouse. La police a toutes les raisons de le soupçonner : l’arme du crime est une de ses cravates, et il avoue s’être disputé avec elle plus tôt.

Pourtant, ce soir-là il n’était pas chez lui. Après avoir fui le foyer conjugal, dépité, il avait fait la rencontre d’une belle inconnue. Chacun sans plan pour la soirée, ils avaient assisté ensemble à un spectacle, durant lequel le chapeau orange exubérant de la jeune femme n’avait pas manqué d’exaspérer la vedette présente sur scène.

C’est là que commence la descente dans l’enfer du doute pour notre antihéros new-yorkais : personne ne semble se souvenir de son accompagnatrice, elle paraît s’être envolée de la mémoire de tous ceux qui l’ont vue, comme un fantôme. Lorsqu’enfin des témoins surgissent, la mort semble à leurs trousses.

William Irish signe ici un véritable chef-d’œuvre, qui met de côté les génies infaillibles au profit de personnages plus complexes, et qui tient en haleine tout du long : on veut autant connaître le destin d’Henderson que découvrir qui est la mystérieuse inconnue d’un soir.

Le film Les Mains qui tuent de Robert Siodmak est une adaptation cinématographique très réussie.

 

5. Le Meurtre de Roger Ackroyd – Agatha Christie

Publié en 1927, Le Meurtre de Roger Ackroyd est le roman d’Agatha Christie qui lui confère pour la première fois une véritable stature internationale.

Comme le nom l’indique, Roger Ackroyd a été assassiné dans le village de King’s Abbot, paisible bourgade de campagne dans laquelle le détective belge Hercule Poirot a pris sa retraite.

Le texte est narré par son voisin, le Dr Sheppard.

Malmenée, à l’époque, par une critique qui peinait à accepter la façon dont elle brisait les codes établis du genre policier, l’œuvre est depuis largement reconnue comme fondatrice d’une approche plus moderne. Elle a permis à de nombreux auteurs de se libérer des carcans stylistiques qui bridaient leur ingéniosité.

La reine du polar manipule ici le lecteur grâce à des stratagèmes de narration, afin de le lancer sur des fausses pistes. L’un des procédés utilisés en particulier sera par la suite repris aussi bien en littérature qu’au cinéma.

N’ayant jamais fait le chemin jusqu’aux salles obscures, sans doute en raison de la difficile retranscription de son modèle narratif, Le Meurtre de Roger Ackroyd existe toutefois en bande-dessinée, adapté par Bruno Lachard. Un téléfilm a aussi été réalisé dans le cadre de la série Hercule Poirot de la chaîne britannique ITV.

 

6. Le Grand Sommeil – Raymond Chandler

Voici une œuvre que l’on pourrait qualifier de roman noir par excellence tant elle est représentative du genre. Le Grand Sommeil constitue le point de départ d’une série mettant en scène Philip Marlowe, un personnage ambivalent, dissimulant sous une robe de violence un esprit fin, admirateur de poésie, d’échecs et de musique.

Chandler confronte son héros à une société américaine violente, mafieuse, où la drogue et les armes à feu jouent un rôle important. Le caractère désabusé et cynique du protagoniste contribue à donner une grande force expressive au texte.

L’intrigue se concentre d’abord sur Carmen Sternwood.

Alors que celle-ci semble victime d’un chantage orchestré par le libraire Arthur Gwynn Gieger, qui dissimule grâce à son activité un commerce de pornographie, son père engage Marlowe pour mener l’enquête.

Toutefois, le détective se rend compte petit à petit que la réalité est plus complexe, et va devoir se confronter à d’autres malfrats, mais aussi et surtout aux secrets que semblent garder Carmen et sa sœur Vivian.

En 1946, Howard Hawks a porté à l’écran Le Grand Sommeil.

Cette adaptation est connue des cinéphiles en raison du superbe jeu d’acteur d’Humphrey Bogart, collant parfaitement à l’esprit de Marlowe. La prestation de Lauren Bacall dans le rôle de Vivian est aussi très marquante.

 

7. Le Nom de la rose – Umberto Eco

De toutes les œuvres présentes dans la liste de Bungeishunjū, Le Nom de la rose est sans doute celle où le sens de l’esthétique littéraire est le plus marqué.

Ce roman de 1980 est le premier d’Umberto Eco et son plus connu.

Il a pour particularité de se dérouler dans un cadre historique complexe.

Avec en toile de fond les débats sur la chrétienté qui agitaient le XIVe siècle, le livre est aussi une plateforme pour l’auteur, qui y met en exergue la nécessité de diffuser le savoir, et discute de l’art, de la foi et de l’Histoire.

Le texte est en effet d’une grande portée philosophique et intellectuelle, notamment au travers du personnage central, métaphorique et mystérieux que constitue la bibliothèque, dont l’accès est théoriquement interdit.

On suit les aventures du moine franciscain Guillaume de Baskerville, et du novice bénédictin Adso de Melk. Ces deux personnages sont amenés à enquêter sur le suicide d’un moine, mais leurs découvertes prennent des tournures inquiétantes.

L’abbaye du roman est inspirée par Saint-Michel-de-la-Cluse, près de Turin située sur la Via Francigena que les pèlerins empruntaient pour cheminer de France à Rome. Une adaptation filmique de Jean-Jacques Annaud de 1986 a obtenu le César du meilleur film étranger.

 

8. La Clairvoyance du Père Brown – G. K. Chesterton

Peut-être moins connu aujourd’hui qu’Hercule Poirot ou que Sherlock Holmes, le Père Brown n’en est pas moins une grande figure de détective de la littérature britannique, ayant pour particularité d’être également prêtre.

Là où d’autres auteurs choisissent de créer des personnages charismatiques ou angoissants, G. K. Chesterton, catholique fervent, propose à ses lecteurs un héros qui semble de prime abord maladroit, malhabile et inoffensif pour les criminels qu’il prétend démasquer.

Il est affublé d’un parapluie trop grand pour lui, et sa petite taille doublée d’une apparence franchouillarde n’incitent pas vraiment les malfrats à le craindre.

Mais il s’illustre en réalité par l’empathie dont il est capable, et la rapidité avec laquelle il parvient à retracer le parcours intellectuel des coupables. Doté d’un grand pouvoir de déduction, il sait toutefois faire preuve de mansuétude, et préfère parfois confier ses adversaires aux soins de Dieu que de les envoyer vers une punition terrestre.

Les intrigues très riches et ingénieuses de Chesterton sont sublimées par un grand sens de l’humour. Paru en 1911, le recueil La Clairvoyance du père Brown est une excellent moyen de découvrir ce personnage atypique, héros d’une œuvre qui a notamment inspirée Agatha Christie.

 

9. Le Silence des Agneaux – Thomas Harris

Le Dr. Hannibal Lecter est un personnage connu en particulier des cinéphiles, en raison de l’interprétation magistrale d’Anthony Hopkins dans le film Le Silence des Agneaux de 1991. Ce dangereux sociopathe cannibale doté d’une intelligence à toute épreuve est un des tueurs en série les plus marquants du septième art et de la littérature.

C’est en effet initialement sous la plume de l’écrivain américain Thomas Harris qu’il apparaît, dans une tétralogie dont Le Silence des Agneaux est la deuxième partie, succédant à Dragon Rouge.

Le roman relate la relation qui se noue petit à petit entre cet ex-psychiatre et l’agent du FBI Clarice Starling.

Menée à interroger le premier dans le cadre d’une enquête la seconde doit se soumettre à des analyses psychologiques pour obtenir les informations qu’il connaît et dont elle a besoin. Elle accepte ce marché contre l’avis de ses supérieurs.

Aussi impressionnante par l’intelligence de son protagoniste que par les difficiles questions morales, éthiques et déontologiques qu’elle pose, l’œuvre d’Harris s’illustre son habileté à allier horreur et complexité.

Elle étonne aussi bien par les crimes affreux qui y sont décrits que par la finesse avec laquelle l’auteur sait représenter la tension d’un duel psychologique.

 

10. La Chambre Ardente – John Dickson Carr

Dominé par des auteurs rationnels, voire rationalistes, le genre du roman policier a parfois besoin d’un peu de fantaisie, d’une ambiance plus surprenante. C’est justement ce qu’a su proposer brillamment John Dickson Carr au long de sa carrière, l’exemple le plus radical  étant La Chambre ardente, publié en 1937.

L’œuvre porte essentiellement sur la mort de Miles Despard : une gastro-entérite semble l’avoir emporté alors qu’il se trouvait dans une pièce fermée. Mais sa femme de chambre affirme avoir été témoin d’apparitions de l’ordre du surnaturel.

Au fur et à mesure du livre, de nouveaux mystères apparaissent, et les indices disséminés par l’auteur permettent au lecteur de mener sa propre enquête jusqu’à apprendre le fin mot de l’histoire.

Au sein de la bibliographie de l’américain, La Chambre Ardente est considérée comme un ouvrage marquant car il dénote avec les habitudes de l’auteur en termes de dénouement et d’organisation du récit. Pour découvrir comment, l’idéal est bien entendu de le lire.

Réputé pour l’important travail réalisé sur ses énigmes en chambre close, John Dickson Carr est aussi l’inventeur de personnages iconiques du polar, comme le Dr. Gideon Fell et Sir Henry Merrivale, qui n’interviennent toutefois pas dans cette histoire.

 

11. Le Crime de l’Orient-Express – Agatha Christie

C’est d’abord grâce à son cadre que ce roman marque les esprits : l’Orient-Express est vecteur de fantasmes, et la description faite de ces wagons luxueux, dans lesquels avait déjà voyagé Agatha Christie, donne à elle seule une atmosphère particulière à cette aventure du fameux détective belge Hercule Poirot.

Alors qu’il prend le train, dont son ami M. Bouc est chef, depuis Istanbul pour retourner à Londres, Poirot se trouve confronté au meurtre brutal de M. Ratchett, tué de douze coups de couteau.

Il met très rapidement au jour la véritable identité du personnage : M. Cassetti, kidnappeur et assassin par le passé de la jeune Daisy Armstrong, dont les parents ne se sont jamais remis du meurtre et sont désormais décédés.

L’œuvre est une véritable toile de maître, pour deux raisons. D’abord, le contexte du wagon : il est certain que le coupable se trouve à l’intérieur, mais qui est-il ? Ensuite, l’intrigue, qui tient en haleine jusqu’à qu’à un dénouement inattendu et intelligent.

Notons que la plupart des nombreuses adaptations au cinéma ont fortement déplu à la fameuse romancière britannique, en dehors du film Le Crime de l’Orient-Express de 1974 réalisé par Sidney Lumet.

 

12. Millénium – Stieg Larsson

Millénium est en fait une trilogie du suédois Stieg Larsson.

Celui-ci connaîtra un véritable succès international à titre posthume, les romans étant publiés alors qu’il les a envoyés à un éditeur peu avant son décès.

Bien qu’il existe six tomes, seuls les trois premiers sont de la main de Larsson : Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette et La Reine dans le palais des courants d’air.

Millénium est le nom d’un magazine publié par le journaliste Mikael Blomkvist. Après une condamnation pour diffamation, celui-ci est engagé  par le richissime Henrik Venger pour élucider un meurtre commis il y a 36 ans. Dans ce cadre, il fera équipe avec Lisbeth Salander, jeune marginale dotée d’une mémoire photographique.

Cette dernière est un élément clé de l’intrigue, et sa difficulté à s’intégrer dans une société violente, hostile et qu’elle ne comprend pas forme la véritable richesse et le cœur des trois tomes écrits par Larsson.

Les cinéastes ont su admirablement s’approprier Millénium, avec notamment le film de David Fincher, sorti en 2011, et ayant décroché 5 Oscars. Il est très proche d’un long-métrage suédois de 2009 réalisé par Niels Arden Oplev.

 

J’espère que ce top 12 vous aura bien plus ; si vous voulez en savoir plus sur la suite de ce classement, voici la liste complète des 100 meilleurs thrillers de tous les temps.

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